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Tu lis un \u00ab super article \u00bb.
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De haut en bas et de gauche \u00e0 droite\u00a0: la tra\u00een\u00e9e de fum\u00e9e apr\u00e8s l'explosion en vol de la navette spatiale Challenger ; un d\u00e9bris de propulseur d'appoint \u00e0 poudre ; les joints toriques br\u00fbl\u00e9s qui n'ont pas pu assurer l'\u00e9tanch\u00e9it\u00e9 de la jonction des segments d'un booster ; le dernier d\u00e9collage de Challenger ; le service comm\u00e9moratif tenu par le pr\u00e9sident Ronald Reagan en hommage aux astronautes ; l'explosion en vol de Challenger.
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La catastrophe de Challenger est un accident spatial survenu le 28 janvier 1986 lorsque la navette spatiale Challenger se d\u00e9sint\u00e8gre pendant le d\u00e9collage avec sept astronautes \u00e0 bord. Lors d'une matin\u00e9e historiquement froide pour un lancement de navette, Challenger prend son envol pour la vingt-cinqui\u00e8me mission de la navette spatiale am\u00e9ricaine. La veille du lancement, un groupe d'ing\u00e9nieurs pressent une catastrophe et demandent le retardement du vol. Toutefois, leurs managers \u00e0 la NASA ne prennent pas leur inqui\u00e9tude au s\u00e9rieux, jugeant les donn\u00e9es peu concluantes. Malheureusement, cette catastrophe anticip\u00e9e par les sp\u00e9cialistes devient r\u00e9alit\u00e9\u00a0: 73 secondes apr\u00e8s le d\u00e9collage, la navette explose sous les yeux de nombreux spectateurs, dont les familles des astronautes. Challenger est d\u00e9truite et son \u00e9quipage, constitu\u00e9 de sept membres dont une enseignante du Teacher in Space Project, perd la vie dans l'accident.

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Cet accident spatial est v\u00e9cu comme un v\u00e9ritable coup de tonnerre \u00e0 travers le monde et marque un retour \u00e0 la r\u00e9alit\u00e9 car c'est la premi\u00e8re fois dans l'histoire des \u00c9tats-Unis et de leur programme spatial que des astronautes sont tu\u00e9s en vol. La r\u00e9percussion m\u00e9diatique de l'\u00e9v\u00e9nement est \u00e9norme. Le d\u00e9sastre alimente de nombreux d\u00e9bats sur la s\u00e9curit\u00e9 technologique ainsi que sur les prises de d\u00e9cision. La NASA vit une forte crise et interrompt pendant trois ans le programme des navettes le temps de trouver la d\u00e9faillance et de la corriger.

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L'enqu\u00eate relative \u00e0 la catastrophe r\u00e9alis\u00e9e par la commission Rogers d\u00e9montrera que l'agence spatiale a r\u00e9alis\u00e9 de nombreuses erreurs. Des causes multiples ont \u00e9t\u00e9 d\u00e9termin\u00e9es pour expliquer le d\u00e9sastre\u00a0: un \u00e9chec de la communication interne, de mauvaises d\u00e9cisions, un horaire de vol irr\u00e9aliste, la m\u00e9t\u00e9o inadapt\u00e9e, l'absence de syst\u00e8me de survie et plus globalement une d\u00e9faillance de la culture de s\u00e9curit\u00e9 au sein de la NASA.

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\u00c0 la suite de la catastrophe, une s\u00e9rie de mesures sera prise afin de rendre les vols plus s\u00fbrs. Pourtant, en 2003, la navette Columbia se d\u00e9sint\u00e8gre en rentrant dans l'atmosph\u00e8re tuant sept autres astronautes. Les n\u00e9gligences de la NASA seront de nouveau point\u00e9es du doigt et le programme des navettes sera finalement arr\u00eat\u00e9 en 2011. Les pertes de Challenger et de Columbia auront jou\u00e9 un r\u00f4le d\u00e9terminant dans cette d\u00e9cision.

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STS-51-L

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L'\u00e9quipage de la mission

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Le dernier \u00e9quipage de la navette spatiale Challenger. Smith, Scobee et McNair au premier rang, Onizuka, McAuliffe, Jarvis et Resnik au second. Ils sont tous d\u00e9c\u00e9d\u00e9s en cons\u00e9quence de cet accident.
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C'est au cours du lancement de la navette, lors du vol STS-51-L, que l'accident s'est produit. L'\u00e9quipage \u00e9tait constitu\u00e9 de sept membres, tous de nationalit\u00e9 am\u00e9ricaine[1],[2]\u00a0:

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Les objectifs et enjeux de la mission

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Logo de la mission STS-51-L.
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Les principaux objectifs de la mission \u00e9taient\u00a0:

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La mission est la plus attendue depuis les heures glorieuses du programme Apollo. Christa McAuliffe, m\u00e8re de deux enfants, a connu un entra\u00eenement de cinq mois en vue de cette mission dont elle est consciente de l'enjeu. Sa s\u00e9lection a fait d'elle une c\u00e9l\u00e9brit\u00e9 nationale.

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La vingt-cinqui\u00e8me mission de la navette spatiale sera donc bien plus qu'un simple voyage dans l'espace. Elle a pour vocation de donner un second souffle au programme des navettes spatiales car apr\u00e8s vingt ans de co\u00fbts budg\u00e9taires et de d\u00e9sint\u00e9r\u00eats publics, la navette spatiale, qui promettait un service de transport r\u00e9gulier dans l'espace \u00e0 un prix abordable, n'a jamais pu tenir sa promesse \u00e0 cause des co\u00fbts d'entretien que la NASA avait sous-estim\u00e9 lors de sa conception et de nombreuses missions ont \u00e9t\u00e9 annul\u00e9es. En envoyant Christa McAuliffe dans l'espace, l'agence spatiale am\u00e9ricaine esp\u00e8re restaurer la confiance dans sa cr\u00e9ation.

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Vu que la catastrophe s'est d\u00e9roul\u00e9e au d\u00e9collage, c'est-\u00e0-dire avant la r\u00e9alisation dans l'espace, aucun de ces objectifs n'a pu \u00eatre rempli. Dans l'accident, Christa McAuliffe est morte avec tout l'\u00e9quipage et le satellite a \u00e9t\u00e9 d\u00e9truit. La confiance dans la navette, qui jusqu'ici \u00e9tait r\u00e9put\u00e9e pour sa fiabilit\u00e9, a \u00e9t\u00e9 davantage \u00e9branl\u00e9e au lieu d'\u00eatre restaur\u00e9e.

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Le vol funeste...

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Probl\u00e8me de calendrier et retardements

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Le d\u00e9collage de cette mission, pr\u00e9vu \u00e0 l'origine pour le 22 janvier, est d'abord report\u00e9 au 23 pour le retard qu'a eu le vol de la mission pr\u00e9c\u00e9dente, puis au 24 pour la m\u00eame raison. Le lancement est de nouveau report\u00e9 au 25 pour des probl\u00e8mes de m\u00e9t\u00e9o, puis au 27 \u00e0 nouveau pour ce m\u00eame probl\u00e8me. Le matin du 27 janvier, au moment du lancement, une petite anomalie sur la trappe de la navette retarde de nouveau le vol, sans pour autant le reporter. Quand le probl\u00e8me est r\u00e9par\u00e9, le vent se l\u00e8ve ; il est trop fort pour permettre le lancement et la NASA attend que le vent faiblisse ; l'attente est trop longue et le d\u00e9collage est finalement report\u00e9 au 28[3].

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Le matin du lancement

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Stalactites sur la tour de lancement le matin du d\u00e9collage de la navette.
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La nuit pr\u00e9c\u00e9dant le lancement, il fait tr\u00e8s froid puisque la temp\u00e9rature n'exc\u00e8de pas -0,5\u00a0\u00b0C. Des sp\u00e9cialistes l\u00e2chent des ballons sonde pour v\u00e9rifier les conditions m\u00e9t\u00e9orologiques. Rien d'anormal n'est signal\u00e9 et toutes les donn\u00e9es semblent favorables. Cependant un probl\u00e8me subsiste\u00a0: la vague de froid exceptionnel a g\u00e9n\u00e9r\u00e9 des couches de glace de plus de sept centim\u00e8tres ainsi que des stalactites de plus d'un m\u00e8tre. Jamais une navette n'a \u00e9t\u00e9 lanc\u00e9e par le pass\u00e9 dans un temps aussi glacial. En cons\u00e9quence, le centre de contr\u00f4le d\u00e9cide de reporter la mise \u00e0 feu de deux heures[4].

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Au centre spatial Kennedy, on ach\u00e8ve les derniers pr\u00e9paratifs en vue de la mission la plus attendue depuis le programme Apollo et les voyages lunaires. Les spectateurs affluent \u00e0 Cap Canaveral. Dans quelques instants, la navette va faire date en embarquant la premi\u00e8re passag\u00e8re de l'espace.

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\u00c0 8h38, une heure avant le d\u00e9collage, l'\u00e9quipage commence \u00e0 embarquer \u00e0 bord de Challenger. \u00c0 ce moment-l\u00e0, cette navette, qui est la cadette de la flotte, est la plus exp\u00e9riment\u00e9e parmi les quatre orbiteurs du programme spatial. Depuis sa mise en service en 1983, elle a r\u00e9alis\u00e9 \u00e0 elle seule 40\u00a0% des 24 pr\u00e9c\u00e9dents vols de navettes avec un total de 9 missions et 51 astronautes \u00e0 son bord.

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\u00c0 neuf minutes du d\u00e9collage, apr\u00e8s la fonte de la glace, la tour de contr\u00f4le s'assure que tous les syst\u00e8mes de propulsion fonctionnent bien. Ils sont d\u00e9clar\u00e9s op\u00e9rationnels et Challenger est autoris\u00e9e \u00e0 voler.

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Trois minutes avant le lancement, les r\u00e9servoirs d'hydrog\u00e8ne et d'oxyg\u00e8ne sont mis sous pression et les moteurs-fus\u00e9es principaux de la navette sont chauff\u00e9s. Aucun probl\u00e8me n'est d\u00e9tect\u00e9 dans le compte \u00e0 rebours. Six secondes avant le lancement, les moteurs-fus\u00e9es de la navette sont mis \u00e0 feu. \u00c0 ce moment, la navette est maintenue au sol par des boulons. Sous la formidable pouss\u00e9e, le nez de la navette qui est attach\u00e9e au sol s'incline de deux m\u00e8tres puis revient \u00e0 la verticale. C'est le moment o\u00f9 les boulons explosent et les propulseurs d'appoint sont mis \u00e0 feu. Le retour en arri\u00e8re n'est plus possible. Le lancement a d\u00e9but\u00e9, et au sol, les contr\u00f4leurs sont tendus et esp\u00e8rent que tout va se d\u00e9rouler comme pr\u00e9vu[5].

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Le lancement et le d\u00e9roulement du d\u00e9sastre

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\u00c0 11h38 en heure locale, le vaisseau spatial s'arrache de la plateforme de lancement pour la vingt-cinqui\u00e8me mission sous les yeux des familles des astronautes, de millions de spectateurs, devant la t\u00e9l\u00e9vision ou sur place, et sous des tonnerres d'applaudissements[5].

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  • Le d\u00e9collage de Challenger
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  • Mise \u00e0 feu des moteurs.
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  • Challenger s'arrache de la plateforme de lancement.
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  • La navette d\u00e9passe la tour.
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Annonce du d\u00e9collage
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Presque imm\u00e9diatement apr\u00e8s le d\u00e9collage, soit 7 secondes[5], la navette entame une man\u0153uvre de pivotement pour se placer sur la trajectoire qui la m\u00e8nera en orbite. L'ordre est donn\u00e9 par le commandant Scobee[5]. La man\u0153uvre prend fin 16 secondes apr\u00e8s le d\u00e9collage[5].

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\u00c9changes durant la man\u0153uvre de rotation[5]
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Challenger se pr\u00e9pare alors \u00e0 rentrer dans la zone d\u00e9sign\u00e9e sous le nom de \u00ab\u00a0Max Q\u00a0\u00bb, la plus dangereuse de l'ascension. Cette zone est un point de dynamique maximale o\u00f9 les forces a\u00e9rodynamiques subies par la structure sont les plus fortes. En cas de vitesse trop \u00e9lev\u00e9e, la navette peut se d\u00e9sint\u00e9grer. Pour \u00e9viter de la soumettre \u00e0 des contraintes excessives pouvant aboutir \u00e0 une catastrophe, on r\u00e9duit la pouss\u00e9e \u00e0 65% sous les ordres du directeur de vol Jay Greene[5]. La travers\u00e9e de la zone se fait sans probl\u00e8me d\u00e9tect\u00e9. De pouss\u00e9e r\u00e9duite, les trois moteurs principaux de la navette fonctionnent parfaitement.

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D\u00e9clarations du PAO lors de la p\u00e9n\u00e9tration dans la zone Max Q[5]
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  • La travers\u00e9e de la zone Max Q
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  • Gr\u00e2ce \u00e0 une baisse de puissance, Challenger peut traverser \u00ab\u00a0Max Q\u00a0\u00bb sans \u00eatre soumise \u00e0 des contraintes excessives.
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\u00c0 la 65e seconde de vol, Challenger quitte avec succ\u00e8s cette zone de danger maximal[5]. Elle entre dans la haute atmosph\u00e8re all\u00e9g\u00e9e et peu dense. D\u00e9sormais, pour \u00e9chapper \u00e0 la gravit\u00e9 terrestre, Challenger doit acc\u00e9l\u00e9rer \u00e0 plus de 28\u00a0000 km/h. Pour cela, il faut mettre les moteurs de la navette \u00e0 pleine puissance. Le centre de contr\u00f4le donne l'ordre\u00a0:

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Transmission de l'ordre d'acc\u00e9l\u00e9ration[5]
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Cette r\u00e9ponse du commandant Scobee est sa derni\u00e8re communication au sol[5]. Soudain, \u00e0 la 73e seconde de vol, imm\u00e9diatement apr\u00e8s la transmission de l'ordre, Challenger dispara\u00eet engloutie dans une immense boule de feu.

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  • L'explosion de Challenger
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  • Destruction de bas en haut du r\u00e9servoir externe de la navette.
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  • Pulv\u00e9risation presque compl\u00e8te du r\u00e9servoir externe et de la navette Challenger.
  • \n
  • Apr\u00e8s la d\u00e9sint\u00e9gration, les d\u00e9bris commencent \u00e0 retomber.
  • \n
  • Les boosters continuent leur course sur les c\u00f4t\u00e9s dans tous les sens, d\u00e9pourvus du guidage de la navette.
  • \n
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Donn\u00e9es sur l'ascension au moment de la d\u00e9sint\u00e9gration de Challenger et derni\u00e8re transmission de la navette[5]
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Cette r\u00e9action du pilote (boite d\u00e9roulante ci-dessus) est la derni\u00e8re transmission de la navette au sol. Le contact est ensuite rompu. L'\u00e9quipe au sol est stup\u00e9fi\u00e9e de m\u00eame que ceux parmi les observateurs qui r\u00e9alisent ce qui vient de se d\u00e9rouler. Certains ne s'en rendent pas encore compte imm\u00e9diatement, croyant voir la s\u00e9paration des propulseurs d'appoint \u00e0 poudre. C'est par exemple le cas de Barbara Morgan qui applaudit au moment de l'explosion. Voyant les d\u00e9bris retomber, ils finissent n\u00e9anmoins par comprendre \u00e0 leur tour. Aucun contr\u00f4leur au sol n'avait anticip\u00e9 le drame \u00e0 l'aide des donn\u00e9es.

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R\u00e9action du PAO apr\u00e8s la perte de Challenger[5]
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  • La course des propulseurs d'appoint \u00e0 poudre
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  • Les boosters survivent au choc initial. Ici le booster droit.
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  • Le booster gauche continue aussi sa course sans le moindre but.
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\u00c0 la 89e seconde de vol, Jay Greene interroge le responsable de la dynamique de vol (en anglais\u00a0: Flight Dynamics Officier, abr\u00e9g\u00e9 en FDO)[5]. Le FDO r\u00e9pond que le radar montre plusieurs sources distinctes ce qui est la preuve in\u00e9branlable de la dislocation de Challenger.

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Les boosters, intacts malgr\u00e9 l'explosion, continuent de voler al\u00e9atoirement, hors de contr\u00f4le et sans objectif. Pr\u00e9sentant un danger pour le sol, ils sont auto-d\u00e9truits \u00e0 distance par un signal radio envoy\u00e9 par le RSO\u2009\"\" \u00e0 la 111e seconde de vol.

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Annonce officielle par le PAO de la destruction de Challenger[5]
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La tra\u00een\u00e9e de fum\u00e9e laiss\u00e9e par l'explosion de la navette.
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Les d\u00e9bris du r\u00e9servoir et de la navette retombent dans l'Oc\u00e9an Atlantique en laissant chacun une tra\u00een\u00e9e de fum\u00e9e derri\u00e8re eux. Le vol est termin\u00e9. \u00c0 Houston, Jay Greene obtient les coordonn\u00e9es exactes de l'endroit o\u00f9 l'\u00e9pave est retomb\u00e9e gr\u00e2ce au RSO. Il met en place les proc\u00e9dures de contingence au centre de contr\u00f4le de la mission[6]. Les portes sont verrouill\u00e9es, les communications t\u00e9l\u00e9phoniques avec le monde ext\u00e9rieur coup\u00e9es et des donn\u00e9es utiles conserv\u00e9es et pr\u00e9serv\u00e9es gr\u00e2ce \u00e0 une liste de contr\u00f4le. Ces mesures sont cens\u00e9es \u00e9viter les sp\u00e9culations et communications, faire revenir les ing\u00e9nieurs de vol \u00e0 leur pupitre et leur faire \u00e9crire ce qu'ils ont vu, ce qu'ils ont fait et ce qu'ils ont pens\u00e9 pour qu'\u00e0 l'avenir un enqu\u00eateur exploite leurs \u00e9crits afin de comprendre pourquoi le vol a aussi mal tourn\u00e9. La NASA part \u00e0 la recherche de d\u00e9bris et enqu\u00eate sur ce qui est arriv\u00e9.

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Cons\u00e9quences imm\u00e9diates et enqu\u00eate

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R\u00e9percussion m\u00e9diatique

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La pr\u00e9sence de Christa McAuliffe a suscit\u00e9 l'int\u00e9r\u00eat de plusieurs m\u00e9dias, mais la couverture m\u00e9diatique du lancement en direct est rest\u00e9e limit\u00e9e, la CNN \u00e9tant la seule couverture nationale r\u00e9alis\u00e9e. Toutefois, le d\u00e9collage a \u00e9t\u00e9 largement diffus\u00e9 en direct dans les \u00e9coles, particuli\u00e8rement les 8 \u00e0 13 ans, provoquant un v\u00e9ritable choc puisque les enfants ont assist\u00e9 \u00e0 une explosion spectaculaire et dramatique \u00e0 la place d'un vol historique avec une enseignante \u00e0 bord.

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L'accident provoque un d\u00e9ferlement m\u00e9diatique consid\u00e9rable et ce moins d'une heure apr\u00e8s le drame. La catastrophe fait les gros titres de tous les journaux de l'\u00e9poque dans le monde entier \u00e0 l'image des attentats du 11 septembre 2001 (avec un impact social diff\u00e9rent). Jamais auparavant dans l'histoire des \u00c9tats-Unis des astronautes avaient \u00e9t\u00e9 tu\u00e9s en vol. Challenger repr\u00e9sentait ainsi une grande premi\u00e8re et une cruelle d\u00e9sillusion au moment m\u00eame o\u00f9 Christa McAuliffe allait symboliser l'ouverture de l'espace aux citoyens non professionnels.

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Pour couvrir le lancement, seuls 535 journalistes ont \u00e9t\u00e9 accr\u00e9dit\u00e9s. Trois jours plus tard, le nombre de journalistes a \u00e9t\u00e9 multipli\u00e9 presque par trois au seul centre spatial Kennedy avec un total de 1467. 1040 journalistes ont \u00e9galement \u00e9t\u00e9 compt\u00e9s au centre spatial Johnson.

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Dans une \u00e9tude r\u00e9alis\u00e9e apr\u00e8s la catastrophe, 17% des personnes interrog\u00e9es ont affirm\u00e9 avoir vu le lancement en direct et 85% d'entre elles ont d\u00e9clar\u00e9 avoir appris le d\u00e9sastre moins d'une heure apr\u00e8s les faits. Les auteurs de l'\u00e9tude ont rapport\u00e9 que seules deux \u00e9tudes avaient montr\u00e9 une propagation plus rapide de l'information. L'une d'entre elles \u00e9tant celle dans l'universit\u00e9 d\u2019\u00c9tat de Kent sur le d\u00e9c\u00e8s de Franklin Roosevelt, l'autre \u00e9tant dans la ville de Dallas sur l'assassinat de John F. Kennedy.

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Pendant l'int\u00e9gralit\u00e9 de la journ\u00e9e o\u00f9 s'est d\u00e9roul\u00e9e le d\u00e9sastre de Challenger, les images de l'explosion de la navette sont retransmises inlassablement par les r\u00e9seaux de t\u00e9l\u00e9vision presque en continu. En cons\u00e9quence, les Am\u00e9ricains ainsi que plus g\u00e9n\u00e9ralement les Occidentaux \u00e9taient presque certains de voir t\u00f4t ou tard la rediffusion du lancement.

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La recherche des d\u00e9bris

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Parachute retombant dans l'Oc\u00e9an Atlantique ayant aliment\u00e9 l'espoir de la survie des astronautes.
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Le compartiment de l'\u00e9quipage (sur la droite) est en chute libre.
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Une vaste op\u00e9ration de recherche et de sauvetage est imm\u00e9diatement lanc\u00e9e. L'objectif est de r\u00e9cup\u00e9rer le plus de d\u00e9bris possible pour les \u00e9tudier et trouver la cause de l'accident, mais surtout de rechercher les astronautes, leur d\u00e9c\u00e8s n'\u00e9tant pas confirm\u00e9. C'est alors que les membres de l'\u00e9quipe rep\u00e8rent un parachute descendant du ciel. Ils esp\u00e8rent que les astronautes sont encore en vie. En r\u00e9alit\u00e9, ce parachute est un faux espoir\u00a0: il n'est pas attach\u00e9 \u00e0 la cabine de pilotage de la navette, mais seulement au nez de l'un des boosters. Ce n'est que l'un des d\u00e9bris qui continuent de retomber dans l'Oc\u00e9an Atlantique.

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Visible sur les images de la catastrophe, la cabine de pilotage ne disposait pas de parachute. En chute libre pendant plus de deux minutes et tomb\u00e9e de 20\u00a0km de haut, elle a heurt\u00e9 l'oc\u00e9an \u00e0 une vitesse sup\u00e9rieure \u00e0 300\u00a0km/h. Les astronautes, s'ils avaient surv\u00e9cu au choc initial, \u00e9taient condamn\u00e9s...

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Les sauveteurs rep\u00e8rent finalement les d\u00e9bris du module \u00e9quipage. Ceux-ci fournissent une information importante aboutissant \u00e0 une dramatique d\u00e9couverte\u00a0:

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Lorsqu'elle a \u00e9t\u00e9 pulv\u00e9ris\u00e9e, Challenger voyageait \u00e0 deux fois la vitesse du son. En r\u00e9cup\u00e9rant les fragments et analysant les enregistrements vid\u00e9o, la NASA doit reconstituer pr\u00e9cis\u00e9ment les faits. En retrouvant la cabine de pilotage, la NASA rep\u00eache les corps des astronautes et les casques de l'\u00e9quipage. Ces casques contenaient chacun un r\u00e9servoir d'oxyg\u00e8ne attach\u00e9 \u00e0 utiliser en cas d'urgence. En les retrouvant, les sauveteurs d\u00e9couvrent que trois d'entre eux, ceux de Mike Smith, de Judith Resnik et d'Ellison Onizuka, ont \u00e9t\u00e9 activ\u00e9s.

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C'est une d\u00e9couverte dramatique\u00a0: cela signifie qu'au moins trois des astronautes ont surv\u00e9cu \u00e0 l'explosion[4]. Ils auraient pu avoir \u00e9t\u00e9 vivants lors de la retomb\u00e9e vers l'oc\u00e9an pendant plus de deux minutes et demi. Un parachute \u00e0 bord de la cabine de pilotage ou un dispositif de si\u00e8ges \u00e9jectables aurait vraisemblablement permis la survie de l'\u00e9quipage.

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  • La chute des d\u00e9bris et l'op\u00e9ration de recherche
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  • L'op\u00e9ration de sauvetage r\u00e9cup\u00e8re le plus de d\u00e9bris possibles.
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  • Un d\u00e9combre de la navette spatiale.
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  • D\u00e9bris du booster droit.
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  • Un d\u00e9bris de Challenger rep\u00each\u00e9 par l'op\u00e9ration.
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  • Une fois rep\u00each\u00e9s, les d\u00e9bris sont d\u00e9pos\u00e9s dans un entrep\u00f4t. Ici, ceux du r\u00e9servoir externe et l'arri\u00e8re des boosters au fond.
  • \n
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C'est la premi\u00e8re d\u00e9couverte discr\u00e9ditant directement la NASA, tr\u00e8s r\u00e9put\u00e9e jusque-l\u00e0 apr\u00e8s les exploits accomplis lors du programme Apollo. L'organisation spatiale avait discut\u00e9 des possibilit\u00e9s pour disposer des syst\u00e8mes de s\u00e9curit\u00e9 lors de la conception de la navette. La NASA avait finalement d\u00e9cid\u00e9 de les retirer en misant sur la pr\u00e9sum\u00e9e haute fiabilit\u00e9 de l'engin spatial. Une tr\u00e8s mauvaise d\u00e9cision qui aura ainsi grandement contribu\u00e9 \u00e0 conduire sept astronautes \u00e0 la mort.

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C\u00e9r\u00e9monies et hommages aux astronautes

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Le soir m\u00eame de la catastrophe, le pr\u00e9sident Ronald Reagan devait faire son discours sur l'\u00e9tat de l'Union\u2009\"\" devant le Congr\u00e8s. Il annonce initialement que celui-ci va se d\u00e9rouler comme pr\u00e9vu, mais il le reporte finalement d'une semaine et s'adresse \u00e0 un pays en \u00e9tat de choc devant la t\u00e9l\u00e9vision.

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Le discours du pr\u00e9sident Reagan

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Le pr\u00e9sident Ronald Reagan s'adresse \u00e0 la nation depuis la Maison Blanche apr\u00e8s le d\u00e9sastre de la navette Challenger.
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Discours de Ronald Reagan le soir de la catastrophe
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Le savais-tu ?
Les origines du discours
C'est par l'assistante pr\u00e9sidentielle Peggy Noonan que ce discours a \u00e9t\u00e9 \u00e9crit. La derni\u00e8re phrase est une citation adapt\u00e9e du po\u00e8me High Flight de John Gillespie Magee\u00a0: \u00ab\u00a0Nous ne les oublierons jamais, ni la derni\u00e8re fois que nous les avons vus, ce matin, quand ils pr\u00e9par\u00e8rent leur voyage et dirent au revoir et \"rompirent les liens difficiles avec la Terre pour toucher le visage du Cr\u00e9ateur.\u00a0\u00bb
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C\u00e9r\u00e9monie fun\u00e9raire tenue par le pr\u00e9sident Reagan en hommage aux astronautes.
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L'astronaute Charles Bolden, membre de l'\u00e9quipage de la derni\u00e8re mission r\u00e9ussie d'une navette spatiale dans l'\u00e8re pr\u00e9-Challenger, lit un extrait de la Bible lors du service comm\u00e9moratif.
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Trois jours apr\u00e8s l'accident, une c\u00e9r\u00e9monie est organis\u00e9e au Centre spatial Lyndon B. Johnson (JSC) situ\u00e9 \u00e0 Houston au Texas. Le pr\u00e9sident Reagan prononce un autre discours devant les familles des victimes parlant notamment du parcours des diff\u00e9rents astronautes un par un. En plus des familles, 6\u00a0000 employ\u00e9s de la NASA, plus de 4\u00a0000 invit\u00e9s assistent \u00e0 la c\u00e9r\u00e9monie. Pour les familles des victimes, c'est un moment difficile. June Scobee, veuve de Dick Scobee et Grace Corrigan, m\u00e8re de Christa McAuliffe, diront avoir v\u00e9cu cet instant en se sentant impuissantes. Des musiciens de l'United States Air Force chantent God Bless America alors que des avions Northrop T-38 Talon, tr\u00e8s utilis\u00e9s pour former les astronautes de la NASA, survolent le centre spatial en formation \u00ab\u00a0Missing man\u00a0\u00bb\u2009\"\". La c\u00e9r\u00e9monie est enti\u00e8rement diffus\u00e9e en direct \u00e0 la t\u00e9l\u00e9vision.

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La formation de la Commission Rogers

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Le 3 f\u00e9vrier, soit une semaine apr\u00e8s le drame, le pr\u00e9sident Reagan nomme une commission d'enqu\u00eate charg\u00e9e d'\u00e9lucider les causes de l'accident et les moyens d'emp\u00eacher celui-ci de se reproduire. Cette commission va disposer de cinq mois pour enqu\u00eater et doit remettre son rapport le 6 juin prochain. Les membres suivants sont s\u00e9lectionn\u00e9s pour int\u00e9grer cette commission pr\u00e9sidentielle\u00a0:

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  • William Rogers, ancien secr\u00e9taire d'\u00c9tat des \u00c9tats-Unis, sera le pr\u00e9sident de la commission \u00e0 laquelle il donnera son nom.
  • \n
  • Neil Armstrong, ancien astronaute de la NASA, premier homme \u00e0 avoir march\u00e9 sur la Lune et professeur jusqu'en 1980, sera le vice-pr\u00e9sident.
  • \n
  • Sally Ride, astronaute de la NASA dont une mission pr\u00e9vue a \u00e9t\u00e9 annul\u00e9e par l'accident. Elle est la premi\u00e8re femme am\u00e9ricaine \u00e0 avoir \u00e9t\u00e9 dans l'espace.
  • \n
  • David Acheson, avocat, ancien vice-pr\u00e9sident g\u00e9n\u00e9ral de Communications Satellite Corporation.
  • \n
  • Eugene Covert, sp\u00e9cialiste a\u00e9ronautique, ing\u00e9nieur, ancien chef scientifique de l'US Air Force, professeur au MIT.
  • \n
  • Robert Hotz, sp\u00e9cialiste a\u00e9ronautique, \u00e9crivain et ancien directeur de la revue \u00ab\u00a0Aviation Week & Space Technology\u00a0\u00bb
  • \n
  • Richard Feynman, physicien et professeur au Caltech, prix Nobel de physique 1965. C'est le seul membre ind\u00e9pendant de la commission.
  • \n
  • Albert Wheelon, vice pr\u00e9sident de Hughes Aircraft.
  • \n
  • Arthur Walker astrophysicien.
  • \n
  • Donald Kutyna, ancien g\u00e9n\u00e9ral de l'US Air Force.
  • \n
  • Robert Rummel, ancien vice-pr\u00e9sident de la TWA, expert en domaine a\u00e9rospatial.
  • \n
  • Joe Sutter, ing\u00e9nieur a\u00e9ronautique \u00e0 l'origine du Boeing 747 ;
  • \n
  • Charles Yeager, pilote d'essai de l'US Air Force.
  • \n
  • Alton Keel, directeur g\u00e9n\u00e9ral.
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    \n
  • Membres de la commission Rogers
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  • William Rogers
  • \n
  • Neil Armstrong
  • \n
  • Sally Ride
  • \n
  • Richard Feynman
  • \n
  • G\u00e9n\u00e9ral Donald Kutyna
  • \n
  • Joe Sutter
  • \n
  • Chuck Yeager
  • \n
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Le savais-tu ?
Sally Ride et Challenger
Sally Ride en 1983 \u00e0 bord de Challenger.
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Sally Ride, s\u00e9lectionn\u00e9e par Ronald Reagan pour faire partie de la commission pr\u00e9sidentielle, est la premi\u00e8re femme astronaute am\u00e9ricaine \u00e0 \u00eatre all\u00e9e dans l'espace. Elle a r\u00e9alis\u00e9 deux vols. Son premier vol a \u00e9t\u00e9 la mission STS-7 en juin 1983. Son deuxi\u00e8me vol a \u00e9t\u00e9 la mission STS-41-G en octobre 1984. Lors de ces deux missions, Sally Ride a \u00e9t\u00e9 envoy\u00e9 dans l'espace par la navette... Challenger !

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L'objectif de la commission est donc de rechercher non pas des coupables, mais des moyens de rendre les futurs vols habit\u00e9s plus s\u00fbrs, tout d'abord en r\u00e9ussissant \u00e0 expliquer l'accident de Challenger. Elle travaillera en menant des enqu\u00eates sur place \u00e0 Houston, au centre Kennedy et en tenant des audiences et t\u00e9moignages publics.

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Les membres de la Commission Rogers arrivent au centre spatial Kennedy pour mener une enqu\u00eate.
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La commission va toutefois devoir faire face \u00e0 la discr\u00e9tion et au manque d'ouverture de la NASA dont l'image va peu \u00e0 peu se d\u00e9grader au fur et \u00e0 mesure que l'investigation va avancer puisque cette commission va en arriver \u00e0 la conclusion que non seulement la NASA s'est rendue coupable de graves erreurs en proc\u00e9dant au lancement de Challenger et surtout que l'organisation et l'organigramme de l'agence sont pleins de failles avec notamment les relations publiques prenant le dessus sur la r\u00e9alit\u00e9. Du temps o\u00f9 le programme Apollo permettait des alunissages, la NASA se montrait tr\u00e8s attentive aux syst\u00e8mes de survie des astronautes avec notamment la mission Apollo 13 qui fut un \u00e9chec mais dont les astronautes parvinrent \u00e0 survivre gr\u00e2ce \u00e0 la NASA. Mais apr\u00e8s l'ouverture du programme des navettes, la commission va prouver que la NASA a directement caus\u00e9 la perte de Challenger en mettant tout en \u0153uvre pour acc\u00e9l\u00e9rer la fr\u00e9quence des vols au d\u00e9triment de la s\u00e9curit\u00e9 des astronautes, prenant beaucoup de risques et sous-estimant les dangers de catastrophe.

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Le 3 mars, la NASA annule officiellement toutes les missions pr\u00e9vues de la navette spatiale dans les dix-huit mois.

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La mise en cause des joints toriques par Richard Feynman

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Richard Feynman \u00e0 l'\u00e9poque du projet Manhattan.
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Richard Feynman, un des membres les plus connus de la commission, est un physicien. Il va occuper une place centrale dans l'enqu\u00eate en tant que seul membre ind\u00e9pendant. Tous les autres membres de la commission font partie d'une administration comme la NASA elle-m\u00eame pour Neil Armstrong ou Sally Ride. Leurs d\u00e9couvertes n'\u00e9tant pas favorables \u00e0 la NASA, ils sont en situation difficile parce qu'ils sont confront\u00e9s \u00e0 ce rapport avec l'organisation dont ils font partie. Pour que la v\u00e9rit\u00e9 se sache, ils ne d\u00e9voilent pas leurs trouvailles, mais comptent sur Feynman pour r\u00e9v\u00e9ler la cause de l'accident au grand jour. Plusieurs membres de la commission Rogers comme le g\u00e9n\u00e9ral Kutyna, coll\u00e8gue le plus proche de Feynman, feront des d\u00e9couvertes capitales qu'ils ne publieront pas directement, mais vers lesquelles ils guideront Feynman pour que ce soit lui, le seul membre ind\u00e9pendant, qui fasse officiellement la d\u00e9couverte et la publie.

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Feynman avait ses propres m\u00e9thodes d'investigation, tr\u00e8s directes et d\u00e9daignant les proc\u00e9dures de la commission, ce qui a tendu les relations avec Rogers, le pr\u00e9sident, qui a d\u00e9clar\u00e9 \u00e0 son propos\u00a0:

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\u00ab Feynman is becoming a real pain.\u2009\"\"\u00a0\u00bb

\u2014\u00a0William Rogers

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La NASA, peu ouverte, finit par donner \u00e0 Feynman et \u00e0 la commission une s\u00e9rie d'images les mettant sur une r\u00e9elle piste\u00a0:

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Photos avec indices sur les causes de l'accident\n\n\n\n\n
La premi\u00e8re s\u00e9rie de photos montre un panache de fum\u00e9e noire sortant de la jonction inf\u00e9rieure du booster droit juste apr\u00e8s le d\u00e9collage.
La deuxi\u00e8me s\u00e9rie de photos montre une flamme, probablement une fuite de propergol, sortant de la jonction inf\u00e9rieure du booster droit et venant frapper le bas du r\u00e9servoir externe pendant l'ascension dans la zone \u00ab\u00a0Max Q\u00a0\u00bb.
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Ces deux s\u00e9ries de photos mettent les enqu\u00eateurs sur la piste d'un dysfonctionnement des joints toriques du propulseur d'appoint \u00e0 poudre droit.

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Sch\u00e9ma d'un booster (l\u00e9gende en anglais).
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Deux segments en cours d'assemblage.
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Un booster est constitu\u00e9 de la coiffe \u00e9lectronique, la tuy\u00e8re orientable, ainsi que de quatre segments boulonn\u00e9s. Ces segments sont assembl\u00e9s par des anneaux. Pour \u00e9viter une fuite de propergol entre les segments, il faut assurer l\u2019\u00e9tanch\u00e9it\u00e9 des jonctions. C'est le r\u00f4le des joints\u2009\"\" toriques\u2009\"\". La commission se rend assez rapidement compte que la d\u00e9faillance d'un joint a provoqu\u00e9 le panache de fum\u00e9e puis la flamme visibles sur les enregistrements.

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La s\u00e9quence de lancement a \u00e9t\u00e9 film\u00e9e par plus de deux-cents cam\u00e9ras. Elle est examin\u00e9e enti\u00e8rement par la commission. Imm\u00e9diatement apr\u00e8s le d\u00e9collage, les images r\u00e9v\u00e8lent une \u00e9trange fum\u00e9e noire sortant de la jonction inf\u00e9rieure du booster droit. Le panache de fum\u00e9e est visible depuis trois cam\u00e9ras\u00a0: les cam\u00e9ras D67, E60 et E63. Cependant, depuis ces trois vues, la source exacte de fum\u00e9e est occult\u00e9e et son emplacement ne peut \u00eatre d\u00e9termin\u00e9e avec pr\u00e9cision.

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Le panache de fum\u00e9e noire observ\u00e9 par la cam\u00e9ra D67. La source de la fum\u00e9e est occult\u00e9e.
Le panache de fum\u00e9e noire observ\u00e9 par la cam\u00e9ra E60. La source de la fum\u00e9e est occult\u00e9e.
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En comparant les s\u00e9quences de vid\u00e9o, la commission Rogers d\u00e9limite une zone pour tenter de d\u00e9terminer l'origine de la source de fum\u00e9e. La zone d\u00e9limit\u00e9e se trouve sur la surface booster droit et mesure 1,3\u00a0m \u00e0 une hauteur de 13\u00a0m. La couleur du panache est noire et une analyse plus pouss\u00e9e d\u00e9montre que la fum\u00e9e appara\u00eet sous forme d'une spirale. Cette information tend \u00e0 dire qu'un joint torique est en train de br\u00fbler.

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Cependant, plusieurs ing\u00e9nieurs de la NASA sont sceptiques. Selon eux, si un joint torique avait fui, Challenger aurait explos\u00e9 au d\u00e9collage sur la plateforme de lancement et l'analyse de la s\u00e9quence ne prouve pas que les joints toriques sont bien \u00e0 l'origine de l'accident. La commission doit alors examiner l'hypoth\u00e8se en explorant les pistes qui pourraient expliquer leur dysfonctionnement \u00e9ventuel.

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Lors d'une audience, le t\u00e9moignage de Roger Boisjoly et d'Allan McDonald stup\u00e9fie la commission[7]. Roger Boisjoly est un ing\u00e9nieur de Morton Thiokol, une entreprise charg\u00e9e de la construction des propulseurs d'appoints \u00e0 poudre de la navette. Allan McDonald est le chef du programme booster \u00e0 Morton Thiokol. Pour les deux personnes, le froid mettaient la mission en p\u00e9ril et ils le savaient. Leur certitude sur le risque repr\u00e9sent\u00e9 par les conditions climatiques venait d'un pr\u00e9c\u00e9dent lancement de la navette spatiale Discovery.

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D\u00e9collage de Discovery en 1985 qui aurait pu tourner \u00e0 la catastrophe qui a frapp\u00e9 Challenger un an plus tard d'apr\u00e8s une analyse ult\u00e9rieure.
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Le 24 janvier 1985, soit presque un an jour pour jour avant la catastrophe de Challenger, la navette spatiale Discovery d\u00e9colle dans le cadre de la mission STS-51-C (dont l'un des astronautes de Challenger fait partie, Ellison Onizuka) par une temp\u00e9rature de 11,5\u00a0\u00b0C apr\u00e8s une nuit de -3,9\u00a0\u00b0C, les conditions les plus froides jamais observ\u00e9es jusqu'\u00e0 Challenger. Deux minutes apr\u00e8s le lancement, la navette largue normalement ses deux boosters qui retombent dans l'Oc\u00e9an Atlantique o\u00f9 ils sont r\u00e9cup\u00e9r\u00e9s pour \u00eatre r\u00e9utilis\u00e9s. Roger Boisjoly, sur l'un des booster, d\u00e9couvre que Discovery a \u00e9chapp\u00e9 de tr\u00e8s peu \u00e0 la catastrophe. Les joints toriques avaient durci et ils ne leur restait qu'un seul millim\u00e8tre d'\u00e9paisseur avant leur rupture !

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La suite du t\u00e9moignage des deux ing\u00e9nieurs apprend qu'ils auraient essay\u00e9 de reporter le lancement de Challenger en montrant les photos des joints retrouv\u00e9s sur Discovery et en \u00e9voquant le probl\u00e8me d\u2019\u00e9tanch\u00e9it\u00e9. Si leurs sup\u00e9rieurs les avaient \u00e9cout\u00e9s, le drame aurait pu \u00eatre \u00e9vit\u00e9 !

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Lors de l'audience ayant pr\u00e9c\u00e9d\u00e9 le lancement, Roger Boisjoly \u00e9voque les joints retrouv\u00e9s sur Discovery et recommande de ne pas lancer Challenger tant qu'il ne fera pas au moins 12\u00a0\u00b0C. Morton Thiokol se prononce dans un premier temps contre le lancement, mais au centre de vol spatial Marshall\u2009\"\" ainsi qu'au KSC, la recommandation est re\u00e7ue avec col\u00e8re, particuli\u00e8rement par George Hardy, le n\u00b04 de la hi\u00e9rarchie au centre Marshall, ainsi que par Lawrence Mulloy, chef des boosters au centre Marshall, parlant ce soir-l\u00e0 depuis le KSC.

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R\u00e9actions col\u00e9riques d'Hardy et de Mulloy aux recommandations de Morton Thiokol
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Suite \u00e0 ces r\u00e9ponses violentes, les dirigeants de Morton Thiokol d\u00e9cident d'interrompre la s\u00e9ance le temps de reconsid\u00e9rer la question. Les voyant sur le point de changer d'avis, Boisjoly r\u00e9it\u00e8re pour les convaincre du danger qui menace Challenger et son \u00e9quipage, ainsi que du d\u00e9sastre qui risquerait de se produire si le lancement \u00e9tait d\u00e9cid\u00e9 dans des vagues de froid aussi importantes. Cependant, cette seconde explication ne suffit pas. Les quatre dirigeants r\u00e9unis choisissent au vote de se prononcer pour ou contre le lancement. Les quatre votent pour et Morton Thiokol se prononce en faveur du lancement, une d\u00e9cision qui est cette fois-ci tr\u00e8s bien re\u00e7ue et accept\u00e9e par la NASA.

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11h38, 28 janvier 1986, Challenger est lanc\u00e9e pour la mission qui lui sera fatale \u00e0 la suite de cette d\u00e9cision. Ce matin-l\u00e0, Roger Boisjoly et Allan McDonald s'attendent \u00e0 une gigantesque explosion qui se produira bel et bien. Les astronautes \u00e0 bord n'avaient aucune id\u00e9e du probl\u00e8me des joints toriques sur les boosters\u00a0: ils n'en avaient pas \u00e9t\u00e9 inform\u00e9s !

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Lorsqu'Allan McDonald, tr\u00e8s critique envers les dirigeants ayant pris la d\u00e9cision, d\u00e9voile le d\u00e9bat secret aux investigateurs. Il est isol\u00e9 par la NASA et sa carri\u00e8re d\u00e9truite. La commission pr\u00e9sidentielle ne peut ainsi plus obtenir de renseignements sur la discussion ayant pr\u00e9c\u00e9d\u00e9 le lancement et sur les joints.

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Trou dans le morceau du booster droit o\u00f9 le panache de fum\u00e9e puis la fuite ont \u00e9t\u00e9 enregistr\u00e9s.
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Sur la partie centrale du booster rep\u00each\u00e9e le 13 avril 1986, un \u00e9norme trou se situe \u00e0 l'emplacement exact o\u00f9 le panache de fum\u00e9e et la fuite de propergol \u00e9taient apparus lors du lancement de Challenger.

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L'attitude de la NASA d\u00e9sesp\u00e8re Feynman. Pour obtenir un morceau de joint torique, Feynman doit compter sur la complicit\u00e9 de Sally Ride, la NASA se montrant r\u00e9ticente \u00e0 lui en donner. Ce fait ne sera r\u00e9v\u00e9l\u00e9 qu'apr\u00e8s la mort de Sally Ride en 2012. En utilisant les morceaux de joints donn\u00e9s par Sally Ride, Feynman r\u00e9ussit \u00e0 prouver la d\u00e9faillance des joints en direct devant les m\u00e9dias lors d'une audience t\u00e9l\u00e9vis\u00e9e.

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\u00ab 0\u00a0\u00b0C.\u00a0\u00bb\">I took this stuff that I got out of your seal and I put it in ice water, and I discovered that when you put some pressure on it for a while and then undo it, it does not stretch back. It stays the same dimension. In other words, for a few seconds at least and more seconds than that, there is no resilience in this particular material when it is at a temperature of 32 degrees[Note 1].\u2009\"\"\u00a0\u00bb

\u2014\u00a0Richard Feynman[8]

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Apr\u00e8s avoir immerg\u00e9 un \u00e9chantillon de joint torique dans l'eau glac\u00e9e \u00e0 0\u00a0\u00b0C et l'avoir tordu, Feynman sort le morceau de joint qui ne reprend pas sa forme normale, ayant \u00e9t\u00e9 durci \u00e0 cause du froid et cela devant la presse qui retransmet la s\u00e9ance en direct. La NASA reconna\u00eet en cons\u00e9quence la responsabilit\u00e9 des joints toriques dans l'accident.

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C'est une avanc\u00e9e majeure. On est d\u00e9sormais certains que les joints toriques sont bien les \u00e9l\u00e9ments responsables de la perte de Challenger et des sept membres d'\u00e9quipage.

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Le sc\u00e9nario du d\u00e9sastre de Challenger peut alors se peaufiner\u00a0:

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  • T + 0,445 s\u00a0: Challenger commence son ascension, un panache de fum\u00e9e noire appara\u00eet sur le flanc du booster droit. Il est observ\u00e9 pendant 12 secondes par la cam\u00e9ra E60 situ\u00e9e au Nord-Est.
  • \n
  • T + 58 s\u00a0: la fum\u00e9e est \u00e0 nouveau visible.
  • \n
  • T + 59,249 s\u00a0: le panache devient flamme et la pression du booster droit tombe.
  • \n
  • T + 63,924 s\u00a0: les ordinateurs demandent \u00e0 deux des trois moteurs de la navette de compenser la perte de puissance du booster droit.
  • \n
  • T + 65,524 s\u00a0: les ordinateurs redemandent la man\u0153uvre de compensation.
  • \n
  • T + 72,2 s\u00a0: l'attache reliant l'arri\u00e8re booster au bas du r\u00e9servoir externe c\u00e8de.
  • \n
  • T + 73,201 s\u00a0: le booster, toujours tenu par l'attache avant, pivote et vient perforer par le nez le r\u00e9servoir externe dans le compartiment d'oxyg\u00e8ne, tandis que sa base entre en collision avec l'aile droite de Challenger et l'arrache net.
  • \n
  • T + 73,226 s\u00a0: toute la partie inf\u00e9rieure du r\u00e9servoir externe se d\u00e9sagr\u00e8ge. Le d\u00f4me arri\u00e8re est \u00e9ject\u00e9 cr\u00e9ant 1\u00a0300\u00a0tonnes de pouss\u00e9e suppl\u00e9mentaire. La pouss\u00e9e est si forte que le r\u00e9servoir externe et Challenger se d\u00e9sloquent. Le carburant et comburant contenus dans le v\u00e9hicule se dispersent sous la forme d'une immense boule de flamme.
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Sous les \u00e9normes forces a\u00e9rodynamiques, le v\u00e9hicule se d\u00e9sint\u00e8gre instantan\u00e9ment et le dernier signal enregistr\u00e9 de l'\u00e9quipage \u00e0 bord de la navette est prononc\u00e9 par Michael Smith\u00a0: \u00ab\u00a0Oh oh\u00a0\u00bb. Challenger est \u00e0 14\u00a0km d'altitude et \u00e0 29\u00a0km de Cap Canaveral.

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Le savais-tu ?
Non, Challenger n'a pas explos\u00e9 !
La catastrophe de Challenger est souvent appel\u00e9e \u00ab\u00a0explosion\u00a0\u00bb de Challenger. Les contr\u00f4leurs de vol et les m\u00e9dias ont imm\u00e9diatement parl\u00e9 d'une explosion le jour de la catastrophe.\n\n

En r\u00e9alit\u00e9, la navette n'a pas explos\u00e9 ! Lorsque des d\u00e9bris de l'orbiteur ont \u00e9t\u00e9 rep\u00each\u00e9s dans l'oc\u00e9an, aucune trace d'une quelconque explosion n'a \u00e9t\u00e9 rep\u00e9r\u00e9e. Par ailleurs, l'analyse des d\u00e9bris a d\u00e9montr\u00e9 que Challenger en elle-m\u00eame n'est pas la fautive de l'accident et a parfaitement fonctionn\u00e9 jusqu'\u00e0 sa destruction. C'est lorsque le d\u00f4me arri\u00e8re du r\u00e9servoir externe s'est d\u00e9tach\u00e9 que Challenger s'est d\u00e9sint\u00e9gr\u00e9e et, en se consumant, le carburant contenu dans le r\u00e9servoir et la navette s'est dispers\u00e9 \u00e0 l'ext\u00e9rieur ce qui a provoqu\u00e9 l'\u00e9norme nuage de fum\u00e9e ayant donn\u00e9 cette apparence d'explosion.

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Parler d'une explosion pour le d\u00e9sastre de Challenger est un fait largement r\u00e9pandu, mais cette appellation est un abus de langage.

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Le r\u00f4le des scories d'aluminium

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Apr\u00e8s les conclusions de la commission et la d\u00e9monstration de la d\u00e9faillance des joints toriques, un probl\u00e8me \u00e0 \u00e9lucider demeure\u00a0: si les joints toriques avaient rompu, les gaz br\u00fblants r\u00e9sultants de la fuite de propergol auraient enflamm\u00e9 l'enveloppe du booster et entra\u00een\u00e9 l'explosion de la navette sur le pas de tir ce qui n'a pas \u00e9t\u00e9 le cas. La catastrophe n'est survenue qu'\u00e0 la 73e seconde de vol ce qui signifie que la d\u00e9faillance des joints toriques due aux conditions m\u00e9t\u00e9orologiques a d\u00fb \u00eatre compens\u00e9e pour retarder la destruction de la navette.

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Sch\u00e9ma simplifi\u00e9 de la jonction entre deux segments d'un booster. Les \u00e9l\u00e9ments B et C sont les joints toriques. Apr\u00e8s leur rupture, des r\u00e9sidus d'aluminium ont bouch\u00e9 le trou, ce qui a retard\u00e9 l'accident.
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Roger Boisjoly, l'ing\u00e9nieur qui avait tent\u00e9 d'emp\u00eacher la catastrophe, s'attendait \u00e0 ce que Challenger explose sur le pas du tir. \u00c0 sa surprise, la navette spatiale a d\u00e9pass\u00e9 la tour. Son soulagement n'est que de courte dur\u00e9e puisque Challenger a explos\u00e9 \u00e0 la 73e seconde de vol.

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Les risques encourus par l'engin \u00e9taient maximaux lors des premi\u00e8res secondes de vol. Or Challenger a surv\u00e9cu \u00e0 la mise \u00e0 feu et au d\u00e9collage, les moments critiques qui auraient du conduire \u00e0 l'explosion en cas de rupture des joints. La navette, aurait-elle pu tenir suffisamment longtemps pour conduire les astronautes dans l'espaces ?

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La s\u00e9quence du lancement en entier et les preuves ayant permis la conclusion d'une d\u00e9faillance des joints sont r\u00e9examin\u00e9es. Sur les vid\u00e9os o\u00f9 figure le panache de fum\u00e9e environ deux secondes apr\u00e8s le d\u00e9collage, la fum\u00e9e appara\u00eet puis dispara\u00eet. Pourquoi la fum\u00e9e a-t-elle disparu ? Un seul \u00e9l\u00e9ment a pu colmater la br\u00e8che\u00a0: les r\u00e9sidus d'aluminium issus de la combustion. L'aluminium, qui augmente la temp\u00e9rature des gaz permettant d'accro\u00eetre la pouss\u00e9e, a \u00e9t\u00e9 ajout\u00e9 au carburant des boosters \u00e0 poudre dans les ann\u00e9es 50. La combustion de ce carburant riche en alumine produit des r\u00e9sidus m\u00e9talliques. Ce serait ces r\u00e9sidus qui auraient bouch\u00e9 le trou. En temps normal, ces r\u00e9sidus auraient du \u00eatre \u00e9vacu\u00e9s par les tuy\u00e8res avec les gaz br\u00fblants. Durant le lancement de Challenger, l'alumine se serait accumul\u00e9e et aurait ferm\u00e9 le vide laiss\u00e9 par les joints toriques br\u00fbl\u00e9s.

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Ainsi, lors de la mise \u00e0 feu des boosters, les joints toriques, durcis par le froid, se seraient consum\u00e9s et n'auraient pas pu assurer l\u2019\u00e9tanch\u00e9it\u00e9 de la jonction inf\u00e9rieure, mais des fragments d'aluminium, r\u00e9sidus de la combustion, se seraient rassembl\u00e9s et auraient bloqu\u00e9 l'ouverture, emp\u00eachant les gaz de sortir et de causer l'explosion du vaisseau spatial sur le pas de tir. Cette trouvaille soul\u00e8ve n\u00e9anmoins une deuxi\u00e8me question. Si l'\u00e9tanch\u00e9it\u00e9 a pu \u00eatre assur\u00e9e par l'alumine, pourquoi Challenger a-t-elle \u00ab\u00a0explos\u00e9\u00a0\u00bb \u00e0 la 73e seconde de vol ?

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Challenger vue de Cocoa Beach. La fuite de propergol sous forme de flamme est visible en bas \u00e0 gauche.
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En revenant sur la fuite observ\u00e9e durant la travers\u00e9e de la zone de pression dynamique maximale \u00e0 58 secondes apr\u00e8s le d\u00e9collage, il est constat\u00e9 qu'apr\u00e8s son apparition, les donn\u00e9es de t\u00e9l\u00e9m\u00e9tries, mesur\u00e9es par plus de 2\u00a0000 capteurs positionn\u00e9s sur la navette, r\u00e9v\u00e8lent une chute de pression dans le booster droit de 44,7 \u00e0 43\u00a0kg/cm\u00b2. Cette chute de pression signifie que les scories ont \u00e9t\u00e9 d\u00e9log\u00e9es et que les gaz chauds se remettent \u00e0 s'\u00e9chapper par le trou.

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En effectuant le parall\u00e8le entre l'apparition de la flamme et l'entr\u00e9e de Challenger dans la zone \u00ab\u00a0Max Q\u00a0\u00bb, il est \u00e9mis l'hypoth\u00e8se que le bouchon de combustible solide a pu \u00eatre expuls\u00e9 \u00e0 cause des forces a\u00e9rodynamiques subies par la structure durant la travers\u00e9e de la zone. L'hypoth\u00e8se tient debout, mais elle ne peut \u00eatre prouv\u00e9e. En effet, le centre de contr\u00f4le avait correctement r\u00e9duit la pouss\u00e9e des moteurs \u00e0 65%. Les forces subies par Challenger avaient ainsi \u00e9t\u00e9 affaiblies et les contraintes auxquelles la navette \u00e9tait soumise n'\u00e9taient pas au dessus des limites acceptables.

\n\n

Cependant, un rapport r\u00e9dig\u00e9 pour le compte de Morton Thiokol indique que sur les images, la fum\u00e9e \u00e9mise par Challenger a momentan\u00e9ment pris une forme de zigzag avant de retrouver une forme de ligne droite juste avant l'\u00ab\u00a0explosion\u00a0\u00bb. La forme de cette tra\u00een\u00e9e pourrait signifier que Challenger a \u00e9t\u00e9 frapp\u00e9e par un fort vent lat\u00e9ral au cours de son lancement. Initialement, la th\u00e9orie ne convainc pas parce que des m\u00e9t\u00e9orologues travaillant pour la NASA avaient envoy\u00e9 des ballon-sondes le matin du lancement pour r\u00e9aliser un contr\u00f4le des conditions m\u00e9t\u00e9orologiques. Les ballon-sondes envoy\u00e9s n'ont pas relev\u00e9 de tels vents lat\u00e9raux. Toutefois, ces derniers ayant d\u00e9riv\u00e9 de plus de 60\u00a0km dans la direction du vent au fur et \u00e0 mesure qu'ils prenaient de l'altitude, il est envisag\u00e9 qu'ils aient pu rencontrer des conditions diff\u00e9rentes de celles de Challenger.

\n\n

En examinant les donn\u00e9es de t\u00e9l\u00e9m\u00e9trie enregistr\u00e9es montrent que les moteurs principaux de la navette ont effectu\u00e9 une rotation de 2\u00b0 pour corriger la trajectoire. Le syst\u00e8me d'orientation de la navette ont donc r\u00e9agi \u00e0 une forte force externe. C'est une preuve que Challenger a \u00e9t\u00e9 d\u00e9vi\u00e9e par des vents lat\u00e9raux.

\n\n

Une deuxi\u00e8me preuve de l'existence de ce vent lat\u00e9ral conforte l'hypoth\u00e8se. L'acc\u00e9l\u00e9rom\u00e8tre de Challenger charg\u00e9 de la mesure des forces lat\u00e9rales a fourni une valeur anormale\u00a0: la courbe graphique est rest\u00e9e plate sur l'instant correspondant. Il existe deux possibilit\u00e9s pour expliquer cette donn\u00e9e\u00a0: soit il s'agit d'une erreur des instruments de mesure, soit les vents lat\u00e9raux ont \u00e9t\u00e9 si violents que la valeur \u00e9tait en dehors de l'\u00e9chelle.

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Selon un t\u00e9moignage de pilotes, un avion (suppos\u00e9 \u00eatre le vol 677 Eastern Airlines) aurait survol\u00e9 le pas de tir une demi-heure avant le lancement. Celui-ci, au moment de survoler Challenger sur sa plateforme de lancement, aurait rencontr\u00e9 une forte perturbation caus\u00e9e par de violents vents lat\u00e9raux. Au cours de son lancement, Challenger s'est probablement expos\u00e9e \u00e0 ces m\u00eames vents lat\u00e9raux.

\n\n

En p\u00e9n\u00e9trant dans des courants a\u00e9riens aussi forts que certains ouragans, les r\u00e9sidus d'alumine sont expuls\u00e9s. Les gaz chauds jaillissent, s'attaquent au support liant le booster au r\u00e9servoir externe, le font c\u00e9der avec le d\u00f4me arri\u00e8re du r\u00e9servoir externe et le drame est provoqu\u00e9. Les causes de la catastrophe de Challenger ont \u00e9t\u00e9 \u00e9lucid\u00e9es.

\n\n

Conclusions de la catastrophe

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Causes techniques et d\u00e9roulement

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L'\u00e9l\u00e9ment technique ayant entra\u00een\u00e9 la catastrophe est un joint torique cens\u00e9 assurer l'\u00e9tanch\u00e9it\u00e9 de la jonction inf\u00e9rieure du propulseur d'appoint \u00e0 poudre droit qui n'\u00e9tait pas adapt\u00e9 au froid. Fragilis\u00e9, durci et d\u00e9pourvu d'\u00e9lasticit\u00e9 par des temp\u00e9ratures bien inf\u00e9rieures \u00e0 la limite 4,4\u00a0\u00b0C, il a br\u00fbl\u00e9 et c\u00e9d\u00e9 \u00e0 l'allumage. Au d\u00e9collage, des petits r\u00e9sidus de la combustion en aluminium se s\u00e9dimentent \u00e0 la place du joint br\u00fbl\u00e9 et comblent le trou ce qui \u00e9vite la catastrophe sur le pas de tir.

\n\n

Pr\u00e8s d'une minute apr\u00e8s le d\u00e9collage (58 secondes), Challenger est heurt\u00e9e par un puissant flux d'air lat\u00e9ral qui \u00e9jecte le bouchon de r\u00e9sidus. La br\u00e8che est r\u00e9-ouverte et le propergol jaillit \u00e0 grande vitesse en tapant le support reliant le booster au r\u00e9servoir.

\n\n\n\n

65 secondes apr\u00e8s le d\u00e9collage, le bas du r\u00e9servoir externe, attaqu\u00e9 par la fuite dans le booster, est perc\u00e9 et l'hydrog\u00e8ne liquide fuit \u00e0 son tour, ce qui est visible par le changement de couleur de la flamme.

\n\n

70 secondes apr\u00e8s le d\u00e9collage, le support reliant le booster au r\u00e9servoir externe est rompu. Toute la structure est d\u00e9s\u00e9quilibr\u00e9e. Le booster droit est entra\u00een\u00e9 par la fuite de propergol et commence \u00e0 tourner par rapport au support avant, toujours fix\u00e9 au r\u00e9servoir. Le d\u00f4me \u00e0 l'arri\u00e8re du r\u00e9servoir est \u00e9ject\u00e9 ce qui consume le carburant \u00e0 grande vitesse.

\n\n

73 secondes apr\u00e8s le d\u00e9collage, l'aile de la navette est arrach\u00e9e par la rotation du booster droit ; le nez de celui-ci vient percuter l'avant du r\u00e9servoir externe et l'acc\u00e9l\u00e9ration (d'une intensit\u00e9 de 10 g) provoqu\u00e9e par la chute du d\u00f4me arri\u00e8re d\u00e9sint\u00e8gre la navette et le r\u00e9servoir externe (5\u00a0g de r\u00e9sistance maximale) alors que les deux boosters y r\u00e9sistent et volent librement (20\u00a0g de r\u00e9sistance maximale) jusqu'\u00e0 leur auto-destruction command\u00e9e \u00e0 distance.

\n\n

Le compartiment de l'\u00e9quipage tombe en chute libre dans l'Oc\u00e9an Atlantique, faisant subir aux astronautes une d\u00e9c\u00e9l\u00e9ration fatale de 200\u00a0g. Les astronautes ont pu avoir perdu conscience ou non pendant les deux minutes et demi de chute libre[9].

\n\n

Les erreurs de prise de d\u00e9cision

\n\n

Si les joints toriques ont \u00e9t\u00e9 identifi\u00e9s comme les \u00e9l\u00e9ments techniques ayant conduit \u00e0 la catastrophe, Richard Feynman, dont la d\u00e9monstration en pleine audience t\u00e9l\u00e9vis\u00e9e a prouv\u00e9 la responsabilit\u00e9 des joints toriques, est tr\u00e8s critique \u00e0 l'encontre de la culture d'entreprise de la NASA en mati\u00e8re de s\u00e9curit\u00e9[10].

\n\n

De nombreuses erreurs de prise de d\u00e9cision ont \u00e9t\u00e9 relev\u00e9es \u00e0 l'encontre de la NASA par la commission pr\u00e9sidentielle. Ces erreurs ont \u00e9t\u00e9 l'objet de nombreuses analyses. La NASA avait pr\u00e9dit que la navette spatiale r\u00e9utilisable serait capable de r\u00e9aliser 60 vols par ann\u00e9e, soit plus d'un vol par semaine. Cependant, la navette \u00e9tait un engin exp\u00e9rimental qui a g\u00e9n\u00e9r\u00e9 de nombreux probl\u00e8mes techniques et qui n'a jamais pu d\u00e9passer le rythme de 9 vols par ann\u00e9e. Cette situation a engendr\u00e9 une tr\u00e8s forte pression interne. La structure s'est efforc\u00e9e d'accepter des risques pour respecter le calendrier de vol. Aucun des risques accept\u00e9s n'a eu de cons\u00e9quence grave lors des premiers vols, ce qui a conduit \u00e0 son acceptation compl\u00e8te comme faisant partie du processus. La sociologue Diane Vaughan a appel\u00e9 ce ph\u00e9nom\u00e8ne la \u00ab\u00a0normalisation de la d\u00e9viance\u00a0\u00bb. En se livrant \u00e0 ses pratiques, la NASA a install\u00e9 en son sein une culture du risque, en repoussant toujours plus les limites[11].

\n\n

Au cours de l'enqu\u00eate, Richard Feynman a demand\u00e9 s\u00e9par\u00e9ment aux ing\u00e9nieurs et aux managers quelle est la probabilit\u00e9 qu'un accident survienne en vol avec la navette spatiale. Les managers ont estim\u00e9 que la probabilit\u00e9 est d'1/100000, soit un accident tous les 100\u00a0000 vols. Chez les ing\u00e9nieurs, cette \u00e9valuation donne un chiffre tr\u00e8s sup\u00e9rieur de plus de 1/100, donc plus d'un accident tous les 100 vols[10].

\n\n

Les recommandations de la Commission Rogers

\n
La page de garde du rapport de la commission.
\n

Le rapport d'enqu\u00eate de la commission pr\u00e9sidentielle est publi\u00e9 en juin 1986, soit quatre mois apr\u00e8s la catastrophe. Il accuse la NASA d'avoir omis de nombreux signaux d'alarme qui auraient d\u00fb \u00e9veiller ses soup\u00e7ons depuis plusieurs ann\u00e9es au sujet de la fiabilit\u00e9 des boosters.

\n\n

Avec ses m\u00e9thodes directes, Richard Feynman menace directement de retirer son nom du rapport officiel si la commission n'accepte pas de publier ses propres constats, qui sont finalement publi\u00e9s dans l'annexe F[10] avec sa conclusion finale rest\u00e9e c\u00e9l\u00e8bre\u00a0:

\n\n
\u00ab For a successful technology, reality must take precedence over public relations, for nature cannot be fooled.\u2009\"\"\u00a0\u00bb

\u2014\u00a0Richard Feynman

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Principaux extraits des observations de Richard Feynman dans l'annexe F du rapport final de la commission
\n\n

La commission pr\u00e9sidentielle publie le 9 juin 1986 un rapport volumineux de 225 pages qui d\u00e9taille les probl\u00e8mes techniques et les erreurs manag\u00e9riales ayant conduit \u00e0 la catastrophe. Le rapport se termine par un ensemble de neuf recommandations s\u00e9v\u00e8res[12]\u00a0:

\n
  1. Les joints toriques, \u00e9l\u00e9ments techniques responsables de l'accident, doivent \u00eatre int\u00e9gralement refaits, aussi bien au niveau de la conception que de la fixation. Ils devront \u00eatre mis au point sous le contr\u00f4le de la NCR\u2009\"\" avec des tests r\u00e9alis\u00e9s dans les conditions se rapprochant le plus des conditions r\u00e9elles.
  2. \n
  3. La NASA doit revoir son organigramme, en particulier la structure du management pour le programme des navettes en encourageant l'int\u00e9gration d'astronautes au poste de direction et en cr\u00e9ant une commission de s\u00e9curit\u00e9 en vol.
  4. \n
  5. Les crit\u00e8res de fiabilit\u00e9 et les composants critiques doivent \u00eatre r\u00e9-\u00e9tudi\u00e9s. L'objectif est que cette \u00e9tude permette l'identification des composants \u00e0 am\u00e9liorer afin d'assurer la s\u00fbret\u00e9 des missions. La NCR v\u00e9rifiera le bien fond\u00e9 de l'\u00e9tude.
  6. \n
  7. La NASA doit \u00e9tablir un Office de la S\u00e9curit\u00e9, de la Fiabilit\u00e9 et du Contr\u00f4le de qualit\u00e9. Cet Office aura l'autorit\u00e9 en mati\u00e8re de s\u00e9curit\u00e9 sur l'agence spatiale et devra remonter \u00e0 la direction tout probl\u00e8me relatif \u00e0 la fiabilit\u00e9 des vols.
  8. \n
  9. Beaucoup d'\u00e9nergie doit \u00eatre d\u00e9pens\u00e9e \u00e0 \u00e9liminer la tendance des managers \u00e0 d\u00e9cider dans l'isolement. Cela passe par un changement des personnes, de l'organisation et par la formation du personnel et par l'\u00e9tablissement d'une r\u00e9glementation compl\u00e8te de lancement. Les r\u00e9unions de revues des aptitudes en vol et de l'\u00e9quipe de management devront \u00eatre enregistr\u00e9es.
  10. \n
  11. La marge de s\u00e9curit\u00e9 d'usage du train d'atterrissage des orbiteurs doit \u00eatre am\u00e9lior\u00e9e, y compris en cas d'atterrissage d'urgence sur la piste d'Edwards en cas de conditions climatiques d\u00e9favorables \u00e0 Kennedy.
  12. \n
  13. La NASA doit r\u00e9aliser tous les efforts pour mettre en place une proc\u00e9dure d'atterrissage d'urgence ou un syst\u00e8me de survie pour l'\u00e9quipage lors de la premi\u00e8re phase de d\u00e9collage pour qu'il devienne possible de tout arr\u00eater.
  14. \n
  15. La NASA doit mettre un terme \u00e0 la politique du tout-navette. Cela signifie qu'elle ne doit plus d\u00e9pendre d'un seul type de lanceur et doit pr\u00e9voir un calendrier de vol coh\u00e9rent avec ses possibilit\u00e9s.
  16. \n
  17. Un plan d'inspection des op\u00e9rations de maintenance doit \u00eatre mis au point et mis en place et le programme des pi\u00e8ces de rechange doit \u00eatre restaur\u00e9.
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La fus\u00e9e Titan IV.
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Ces recommandations sont lourdes de cons\u00e9quence, en particulier la recommandation n\u00b08. La NASA avait toujours souhait\u00e9 maintenir un contr\u00f4le sur les activit\u00e9s spatiales. L'objectif initial de l'engin r\u00e9utilisable de lancer un tir par semaine et de d\u00e9mocratiser l'espace se voyait d\u00e9finitivement condamn\u00e9. D\u00e9sormais, de nouveaux lanceurs jetables reviendraient sur le march\u00e9\u00a0: le lanceur Titan IV, dont la conception avait d\u00e9j\u00e0 commenc\u00e9 avant la catastrophe de Challenger pour servir de compl\u00e9ment \u00e0 la navette, r\u00e9cup\u00e9rera finalement la majorit\u00e9 des missions pr\u00e9vues, de m\u00eame que les fus\u00e9es Ariane dont le succ\u00e8s inattendu aura \u00e9t\u00e9 favoris\u00e9 par l'\u00e9chec des objectifs initiaux de la navette et la catastrophe de Challenger.

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L'apr\u00e8s-Challenger et la catastrophe de Columbia

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L'enqu\u00eate a n\u00e9cessit\u00e9 d'importants moyens technologiques. L'explosion de Challenger est \u00e9galement une catastrophe financi\u00e8re. Dans l'histoire, Challenger reste le cinqui\u00e8me accident technologique le plus couteux avec 5,5 milliards de dollars am\u00e9ricains d\u00e9pens\u00e9s derri\u00e8re la catastrophe de Tchernobyl en 1986, le naufrage du p\u00e9trolier Prestige en 2002, la catastrophe de Columbia en 2003 et l'explosion de Deepwater Horizon en 2010.

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Apr\u00e8s la catastrophe de Challenger, le Pentagone cesse de soutenir le programme de la navette. Toutes les missions militaires pr\u00e9vues sont annul\u00e9es, ce qui repr\u00e9sente une baisse d'un tiers des missions de la navette spatiale. La taille de l'engin avait pourtant \u00e9t\u00e9 dict\u00e9e par le Pentagone, ainsi que la taille de la soute qui correspondait \u00e0 celle des satellites militaires. Une base de lancement \u00e0 Vandenberg qui devait r\u00e9pondre aux besoins militaires allait \u00e9galement \u00eatre inaugur\u00e9e, mais elle ne sera jamais utilis\u00e9e. Cette nouvelle est suivie d'une seconde interdiction lors d'un d\u00e9cret sign\u00e9 par le pr\u00e9sident Ronald Reagan qui interdit \u00e0 la navette d'envoyer des satellites commerciaux. Ainsi, la catastrophe met un terme aux carri\u00e8res commerciale et militaire de la navette ce qui se traduit par la disparition pure et simple de deux tiers des missions de la navette spatiale. Il ne lui reste donc plus, apr\u00e8s la catastrophe de Challenger, que les missions scientifiques et la future Station spatiale internationale.

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Les vols de la navette spatiale reprennent le 29 septembre 1988 avec la mission STS-26 envoy\u00e9e dans l'espace par la navette spatiale Discovery. Pour remplacer Challenger, la navette spatiale Endeavour est command\u00e9e en 1987 et effectue son premier vol le 7 mai 1992 lors de STS-49. La navette place en orbite les six derniers satellites du D\u00e9partement de la D\u00e9fense. Les sondes Galileo et Ulysses, dont les lancements \u00e9taient pr\u00e9vus avant la catastrophe, sont finalement envoy\u00e9es dans l'espace avec du retard par la navette car leur conception ne leur permettait pas d'\u00eatre lanc\u00e9es par les lanceurs jetables classiques. Bien que le lancement du t\u00e9lescope spatial Hubble ait \u00e9t\u00e9 lui aussi retard\u00e9 par la catastrophe, celui-ci a finalement lieu le 24 avril 1990 par la navette spatiale Discovery[13],[14]. L'histoire du t\u00e9lescope spatial Hubble sera l'un des plus grands moments de gloire de la navette spatiale. En effet, les images prises par le t\u00e9lescope \u00e9taient floues \u00e0 cause d'un probl\u00e8me de courbure d'un miroir \u00e0 l'int\u00e9rieur de l'appareil. La r\u00e9solution de ce probl\u00e8me sera l'objectif d'une mission spectaculaire. La rempla\u00e7ante de Challenger, Endeavour, d\u00e9colle le 2 d\u00e9cembre 1993 et l'\u00e9quipage de l'astronaute Story Musgrave installe un dispositif de correction \u00e0 l'int\u00e9rieur du t\u00e9lescope, ce qui permet sa r\u00e9paration. Le t\u00e9lescope donne des images historiques d'objets du ciel profond. La succ\u00e8s de cette mission permet \u00e0 la NASA de redorer son blason et de restaurer l'image de son programme spatial[15].

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  • La r\u00e9paration du t\u00e9lescope Hubble
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  • L'\u00e9quipage de la mission de sauvetage du t\u00e9lescope Hubble STS-61.
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  • Le d\u00e9collage d'Endeavour.
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  • La r\u00e9paration d'Hubble.
  • \n
  • La galaxie M100 avant et apr\u00e8s la correction du miroir.
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Depuis la catastrophe de Challenger, le nombre de missions r\u00e9ussies s'allonge. La NASA se remet \u00e0 croire que la navette est devenue fiable si bien qu'en 1996, elle d\u00e9cide de laisser le secteur priv\u00e9 mener les op\u00e9rations[16]. Du personnel NASA est donc licenci\u00e9 et les effectifs d'ing\u00e9nieur se r\u00e9duisent consid\u00e9rablement, ce qui sera ult\u00e9rieurement analys\u00e9 comme une importante perte de savoir-faire et de comp\u00e9tences techniques de l'agence spatiale am\u00e9ricaine.

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D\u00e9sint\u00e9gration de la navette spatiale Columbia apr\u00e8s la rentr\u00e9e dans l'atmosph\u00e8re le 1er f\u00e9vrier 2003.
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En 1998, commence la construction de la Station spatiale internationale (ou ISS). Devant les menaces de suppression du financement du programme par le Congr\u00e8s, le calendrier de vol se charge de nouveau et l'ambiance au sein de la NASA est soumise une nouvelle fois \u00e0 de fortes pressions internes. La NASA pr\u00e9voit de mettre fin aux missions scientifiques pour se concentrer \u00e0 la construction de l'ISS.

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La mission STS-107 de la navette spatiale Columbia pr\u00e9vue en 2001 doit \u00eatre la derni\u00e8re mission exclusivement scientifique non li\u00e9e \u00e0 l'ISS. Elle d\u00e9colle finalement le 16 janvier 2003 avec un retard important. Apr\u00e8s le d\u00e9collage, la chute d'un morceau de mousse isolante sur le r\u00e9servoir externe rouge de la navette suscite des inqui\u00e9tudes au sol. Les ing\u00e9nieurs craignent que la chute de mousse ait endommag\u00e9 le bouclier thermique de la navette. Leur inqui\u00e9tude est insuffisamment prise au s\u00e9rieux[17]. Pourtant, l'impact avait bien provoqu\u00e9 un trou b\u00e9ant dans le bord d'attaque de l'aile si bien que l'orbiteur \u00e9tait expos\u00e9 \u00e0 la chaleur de la rentr\u00e9e dans l'atmosph\u00e8re. Le 1er f\u00e9vrier 2003, Columbia se d\u00e9sint\u00e8gre en rentrant dans l'atmosph\u00e8re, tuant sept autres astronautes. L'enqu\u00eate rep\u00e8re les nouvelles d\u00e9faillances manag\u00e9riales dont les similitudes avec celles commises \u00e0 l'\u00e9poque de Challenger sont frappantes ; elle tourne rapidement au r\u00e9quisitoire contre l'agence spatiale, contre ses m\u00e9thodes, contre ses choix technologiques et contre l'arrogance de sa culture d'entreprise[18].

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    \n
  • La catastrophe de Columbia
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  • Photo de l'\u00e9quipage.
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  • L'\u00e9quipage dans l'espace.
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  • Image au sol de Columbia en train de se d\u00e9sint\u00e9grer.
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  • D\u00e9bris de Columbia.
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  • La commission d'enqu\u00eate.
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Cet accident est celui de trop pour le programme. En 2004, le pr\u00e9sident George W. Bush annonce la retraite d\u00e9finitive de la navette spatiale en 2010 une fois achev\u00e9e la construction de l'ISS. La derni\u00e8re navette Atlantis atterrit le 21 juillet 2011, marquant la fin d'une \u00e8re spatiale qui aura dur\u00e9 trente ans[18]. Sur 135 vols de la navette spatiale, deux auront conduit \u00e0 une catastrophe avec la perte de tout l'\u00e9quipage ce qui repr\u00e9sente 1,6\u00a0% d'\u00e9chec. Au final, Richard Feynman \u00e9tait tout pr\u00e8s du compte.

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Poster de la NASA en hommage \u00e0 la navette spatiale Challenger apr\u00e8s la fin du programme des navettes en 2011.
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Voir aussi

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Notes

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  1. \u2191 32\u00a0\u00b0F correspondant \u00e0 0\u00a0\u00b0C
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Sources

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R\u00e9f\u00e9rences

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  1. 1 2 (en) [en ligne] NASA - STS-51L Mission Profile, sur www.nasa.gov (consult\u00e9 le 7 septembre 2019)
  2. \u2191 (en) [en ligne] STS-51L, Challenger (10), 25th Space Shuttle mission, USA, sur spacefacts.de (consult\u00e9 le 25 septembre 2019)
  3. \u2191 (en) [livre] Malcolm McConnell, Challenger: a major malfunction, Doubleday, 1987 (ISBN 9780385238779)
  4. 1 2 (en) [en ligne] Space Shuttle Challenger Disaster, sur www.aerospaceweb.org (consult\u00e9 le 6 octobre 2019)
  5. 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 (en) [en ligne] Challenger timeline, sur spaceflightnow.com (consult\u00e9 le 25 septembre 2019)
  6. \u2191 (en) [interview] Jay Greene le 8 d\u00e9cembre 2004 (lire en ligne, sur nasa.gov, consult\u00e9 le 6 octobre 2019)
  7. \u2191 (fr) [livre] Paul Mayer, Challenger, les ratages de la d\u00e9cision\u00a0: la gestion manqu\u00e9e d'un risque majeur, Paris, Presses universitaires de France, coll. \u00ab\u00a0Sociologie d'aujourd'hui\u00a0\u00bb, 2003, 264 p. (ISBN 978-2-130-52558-5)
  8. \u2191 (en) [en ligne] Richard Feynman Dead at 69; Leading Theoretical Physicist, par James Gleick le 17 f\u00e9vrier 1988 sur www.nytimes.com (consult\u00e9 le 6 septembre 2019)
  9. \u2191 (en) [en ligne] Joseph P. Kerwin, \u00ab\u00a0Challenger crew cause and time of death\u00bb, 1986 (consult\u00e9 le 6 octobre 2019)
  10. 1 2 3 (en) [en ligne] Volume 2: Appendix F - Personal Observations on Reliability of Shuttle, by R. P. Feynman, sur history.nasa.gov (consult\u00e9 le 9 juin 2019)
  11. \u2191 (en) [livre] Diane Vaughan, The Challenger launch decision\u00a0: risky technology, culture, and deviance at NASA, Chicago, University of Chicago Press, 1996
  12. \u2191
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