Guerre de Succession d'Autriche

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La guerre de Succession d'Autriche (1740-1748) résulte du non-respect, par des États qui y avaient pourtant souscrit, de la Pragmatique Sanction, un édit du 19 avril 1713 de l'empereur Charles VI du Saint-Empire qui, à sa mort (finalement intervenue le 20 octobre 1740), léguait à sa fille Marie-Thérèse les territoires héréditaires de la maison de Habsbourg.

La guerre de Succession d'Autriche est un tournant de l'histoire européenne. Que le roi de France et le cardinal de Fleury se soient laissés entraîner dans ce conflit est, pour l'historien Pierre Gaxotte, fin connaisseur du règne de Louis XV, le grand drame du règne[1].

Pour la France, ce conflit avec l'Autriche, la deuxième puissance continentale d'alors, est d'une part sans vrai motif, d'autre part malencontreux, puisqu'il fait diversion à une autre guerre qui menace et celle-là complètement justifiée : contre l'Angleterre, un conflit cette fois sur mer et outre-mer, pour défendre les colonies françaises d'Amérique (Canada, Louisiane, Antilles) et pour soutenir notre alliée l'Espagne du Bourbon Philippe V, avec qui la France a de gros intérêts commerciaux communs en Amérique, et à qui les Britanniques ont déclaré la guerre, le 19 octobre 1739, pour dissensions commerciales suite à la contrebande pratiquée par les navires anglais le long des côtes des colonies espagnoles d'Amérique.

De plus, Marie-Thérèse d'Autriche étant farouchement déterminée à défendre son héritage multiple de la convoitise des États voisins, cette guerre, dans laquelle la France n'aurait jamais dû s'engager, prend très vite de l'ampleur. Par le jeu des alliances, elle embrase l'Europe pendant de longues années. Et Louis XV, désormais seul aux commandes de la France après la mort de Fleury en fin janvier 1743, peine à se sortir de ce dangereux et coûteux bourbier. Au bout du compte, et bien que la guerre de Succession d'Autriche s'achève sur une série de belles victoires des troupes françaises, son bilan est, paradoxalement, plutôt négatif pour le royaume des lys.

Duché de Silésie et comté de Glatz conquis par Frédéric II en 1742 et confirmés à la Prusse, en 1748, lors de la signature des traités de paix.

Le traité de paix d'Aix-la-Chapelle (18 octobre 1748) ne lui apporte rien sur le continent (restitution des terres chèrement conquises : toute la Belgique, la Savoie, Nice), alors que la Prusse de Frédéric II conserve, elle, la riche et vaste Silésie arrachée à l'Autriche. Et sur mer et outre-mer, il ne règle aucun des litiges commerciaux opposant les puissances maritimes rivales : France et Espagne d'un côté, Grande-Bretagne de l'autre.

Cette guerre (déclenchée par l'opinion publique contre une puissance continentale qui ne représentait plus une menace pour la France, alors que celle-ci aurait dû concentrer toutes ses forces contre son vrai ennemi, maritime : la Grande-Bretagne) se conclut donc sur une paix mal taillée contenant en puissance, ou du moins laissant prévoir, une autre guerre... que les Anglais déclencheront quand ils auront suffisamment récupéré de celle-ci[2] et se sentiront en position de force : la guerre de Sept Ans.

Bref, elle fut pour le royaume des lys un dramatique et coûteux fourvoiement[3].


Contexte

Depuis le tout début du XVIIIè siècle, il s'était, comme décrit par ailleurs, constitué à Londres un puissant lobby colonial soutenu par les négociants de la Cité et des ports anglais. À partir de 1737, ce lobby devient de plus en plus hostile au pacifisme du Premier ministre de Grande-Bretagne Robert Walpole.


En décembre 1740, la brutale invasion de la Silésie autrichienne par Frédéric II de Prusse déclenche la guerre de Succession d'Autriche. Fleury et Louis XV s'y laissent progressivement entraîner.
Belle-Isle, ambassadeur français à la diète de Francfort (qui, suite à la mort de Charles VI, doit élire le nouvel empereur germanique), outrepasse ses directives et signe un traité d'alliance avec la Prusse (5 juin 1741), clairement dirigé contre la reine de Hongrie.
Tandis que Frédéric II remporte une série de victoires contre les troupes autrichiennes, les Français connaissent des succès initiaux puis des revers.
En situation de force, Frédéric II négocie avec Marie-Thérèse qui lui concède la Silésie (préliminaires de Breslau, 11 juin 1742), moyennant quoi il signe une paix séparée avec elle (traité de Berlin, 27 juillet 1742).
Ayant changé de camp, Frédéric II signe une alliance avec la Grande-Bretagne, le 18 novembre (traité de Westminster).
Pendant ce temps, l'armée française de Belle-Isle est encerclée dans Prague, depuis juin 1742, par 60.000 Autrichiens. Il ne parvient à s'échapper de cette souricière qu'à la mi-décembre, effectuant une courageuse et difficile retraite (qui lui coûte des milliers d'hommes).

Liens externes

Notes et références

  1. "Pourquoi, à ce tournant de l'histoire, la France s'est-elle si lourdement trompée sur ses intérêts ? Pourquoi, sur le moment, Fleury et Louis XV se sont-ils abandonnés? C'est le grand drame du règne. Il ne se joue pas seulement dans le cabinet du Roi, mais dans les salons, dans les gazettes, dans les livres et dans la rue." Pierre Gaxotte, Le siècle de Louis XV, Fayard, 1974 (réédit. 1997), p. 139 -140.
  2. ... qu'ils terminent exsangues, financièrement étranglés
  3. Fourvoiement (du verbe : se fourvoyer) : erreur, méprise de qui se trompe de chemin, fait fausse route et s'égare.
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