Homosexualité


L'homosexualité est l'attirance sexuelle ou amoureuse envers une personne du même sexe ou genre[1],[2]. Bien que ce mot s’applique indistinctement aux hommes et aux femmes, l’homosexualité féminine est appelée lesbianisme[3]. Et pour les personnes qui sont attirées aussi bien par les hommes que par les femmes, on parle de bisexualité.
L'homosexualité peut être acceptée ou non (réprimée) selon les époques, les cultures, les pays, les religions, etc.
Homosexualité dans la nature

En général
Les scientifiques ont observé l'homosexualité chez 1 500 types d'animaux dans la nature.
Études sur certaines espèces
Les dauphins
Chez les dauphins, les mâles forment naturellement des couples homosexuels[4]. La professeur de biologie Janet Mann des États-Unis a étudié l'homosexualité des grands dauphins[4]. Chez eux, les dauphins mâles peuvent adopter des comportements homosexuels et former des alliances de deux ou trois[4]. Ces alliances forment à leur tour des super-alliances allant jusqu'à 14 membres[4]. Une telle population fournit un haut niveau de protection au groupe. Quand un autre dauphin veut agresser un membre de cette alliance, la super-alliance de mâles homosexuels agit pour protéger de l’agression[4].
Les albatros de Laysan
La chercheuse Lindsay Young à Hawaï a étudié l'albatros de Laysan[5]. C'est un oiseau où il y a plus de femelles que de mâles[5]. L'accouplement d'un mâle et d'une femelle permet la naissance de oisillons[5]. Mais la situation d'infériorité numérique des mâles engendre une pression qui les pousse à abandonner leur femelle avec ses bébés pour une autre femelle[5]. Les bébés sont ainsi privés d'au moins un parent ce qui réduit leurs chances de survie[5]. Donc les femelles forment des couples homosexuels ce qui réduit le nombre de femelles disponibles et améliore la fidélité du mâle envers la femelle originelle, améliorant les chances de survie des bébés[5].
Homosexualité chez l'être humain
Les scientifiques ont longtemps pensé que la génétique expliquait l'homosexualité. Le nombre de garçons homosexuels étant plus important que celui des filles, on peut penser que le gène Y que seul un homme possède explique la différence. Ceci n'a cependant jamais été vérifié scientifiquement.
Les dernières recherches faites en 2019 expliquent plutôt qu'il s'agit d'un grand nombre de choses assez complexes qui expliquent l’homosexualité.[6]. Il semblerait que la combinaison de différents gènes soit une explication possible mais que les gènes seuls n'expliquent pas qu'une personne soit homosexuelle (d'autres explications, notamment psychologiques, continuent d'attirer l'attention de certains chercheurs).
Histoire de l'homosexualité
L'homosexualité existe depuis toujours mais a été plus ou moins acceptée selon les époques. Ce n'est pas parce qu'elle est aujourd'hui de plus en plus acceptée, qu'elle a connu une progression continue : certaines périodes historiques peuvent moins accepter l'homosexualité qu'avant elles et inversement.
Dans la Grèce antique
On ne peut pas vraiment parler d'homosexualité pendant l'Antiquité. La morale de la Grèce antique réprimait les relations entre deux adultes de même sexe, en particulier les hommes ; l'amour entre deux hommes était, selon les Grecs, indigne d'honorables citoyens. Ainsi, même si aucune loi n'interdisait ces relations, elles étaient mal vues.
En revanche, les Grecs valorisaient les relations entre un homme adulte et un adolescent, au début de sa puberté. On appelait cette relation une relation pédérastique (venant du mot pédérastie, un terme souvent confondu avec pédophilie). L'adulte, que l'on appelait un éraste, était en général un homme important dans la vie sociale et politique de la cité, le plus souvent fortuné, marié et père de famille. Il s'occupait d'un garçon, appelé éromène, en le formant à la vie politique et sociale de la cité, tout en ayant éventuellement des rapports sexuels avec lui. Cette éducation devait lui permettre de devenir un digne citoyen, capable de défendre sa cité. Une relation pédérastique durait jusqu'à l'apparition de la barbe chez le jeune éromène, vers 18 ans. Les femmes, elles, ne s'occupaient plus de l'éducation des garçons dès qu’ils avaient passé leur sept ans. La pédérastie était si bien vue qu'elle a inspiré les artistes ; elle prenait une place importante dans la poésie, le théâtre, la conception de vases ou de statues[7].
Ainsi, cette pédérastie se retrouve dans la mythologie grecque : la relation entre Achille et Patrocle, dans L'Iliade, en est un exemple.
Chez les Romains
Chez les Romains, l'orientation sexuelle n'est pas une donnée pertinente. Il existe évidemment des relations sexuelles avec des personnes du même sexe ou du sexe opposé, mais ils n'attachent pas une importance particulière à cela. Il n'y a donc pas de termes équivalent à homosexuel ou hétérosexuel (ou alors il faut recourir à une périphrase). Il faut bien avoir cela en tête quand on parle des Romains, sinon on tombe dans l'anachronisme.
Les Romains ont une vision des relations entre personnes de même sexe très proches de celle des Grecs, notamment en ce qui concerne les relations entre un homme adulte et un adolescent.
La différence majeure est que chez eux, seules les relations avec un adolescent esclave sont, au moins selon les textes, acceptées[8].
Dans l'Angleterre victorienne
L'Angleterre victorienne, comme la plupart des pays à son époque, condamne vigoureusement l'homosexualité : par exemple, l'écrivain Oscar Wilde, condamné aux travaux forcés pour être homosexuel.
En France
En France, les personnes du même sexe peuvent se marier depuis mai 2013, ce qui leur permet aussi d’adopter plus facilement un enfant. De nombreuses personnes assument leur homosexualité, comme, le présentateur Laurent Ruquier, le chanteur Mika et, ailleurs dans le monde, le PDG d'Apple, Tim Cook.
Dans le monde
Des situations très différentes d’un pays à un autre
Actuellement, l'homosexualité est de mieux en mieux acceptée dans les pays développés, avec des lois contre l'homophobie (la discrimination envers les homosexuels), l'autorisation de l'union civile entre homosexuels ou du mariage homosexuel ; mais il existe encore beaucoup de pays qui répriment l'homosexualité plus ou moins gravement, avec des sanctions comme l'emprisonnement à vie voire la peine de mort : l'Iran, qui pend les homosexuels, ou l'Inde, qui leur inflige des peines de prison. Cela se fait principalement dans les pays d'Afrique ou du Moyen-Orient. Ce dénigrement peut expliquer le taux de suicide des homosexuels qui est entre 2 et 7 fois plus élevé que chez les hétérosexuels. Dans la plupart des pays l'homosexualité n'est pas forcément acceptée et les concernés ne peuvent pas se marier.
Au Ghana
Au Ghana, la loi interdit les « relations contre-nature », ce qui inclus les rapports homosexuels. La punition peut aller jusqu’à 25 ans de prison. Des associations s’opposent au sujet des droits à accorder aux homosexuels. Par exemple, LGBT+ Rights Ghana en souhaiterait davantage, ce que ne veut pas la Coalition nationale pour des droits sexuels et des valeurs familiales appropriées [9].
Les autorités religieuses
Une seule religion accepte les mariages (religieux) homosexuels, le protestantisme, depuis le 17 mai 2015.
Certains milieux religieux tentent de « soigner » l'homosexualité par le biais de la thérapie de conversion, mais cela reste une croyance religieuse.
Sources
- ↑ homosexualité dans le CNRTL
- ↑ homosexualité dans le dictionnaire Larousse
- ↑ Le mot lesbianisme provient du nom de l'île grecque de Lesbos où est née la poétesse Sapho. Voir la note précédente.
- 1 2 3 4 5 (en)
[livre] Homosexual Behaviour in Animals: An Evolutionary Perspective par Volker Sommer et Paul L. Vasey en 2006, page 107 (consulté le 19 février 2020) (ISBN 978-0-521-86446-6) - 1 2 3 4 5 6 (en)
[publication scientifique] Successful same-sexpairing in Laysan albatross par Lindsay C. Young, Brenda J. Zaun et Eric A. VanderWerf en 2008 (consulté le 19 février 2020) - ↑ L'homosexualité pas déterminée par un «gène gay» mais par un ensemble de facteurs sur 20minutes.fr
- ↑ M.Sartre, in Histoire de la virilité vol I, sous la direction de G. Vigarello, éd. du Seuil, 2011, p. 47-56
- ↑ Idem,, p. 84-87
- ↑ Une vague inédite d’homophobie, Courrier International n°1589, 15-21 avril 2021, p. 19