Question romaine

La question romaine, c'est-à-dire le devenir des États pontificaux et de leur capitale Rome est un des problèmes qui se posent aux nationalistes italiens, et à leur alliés français, pour réaliser l' unification de l'Italie dans la seconde moitié du XIXe siècle. Rome est non seulement la ville d'où le pape gouverne l'Église catholique, mais c'est aussi la capitale politique d'un des sept États qui se partagent l'Italie avant 1848 et sont destinés à disparaître en cas d'unification de la péninsule. Rome est également le symbole de la puissance passée de l'Italie, pour les patriotes italiens elle ne peut être que la capitale du futur État italien unifié. L'attitude du pape Pie IX, qui règne de puis 1846 est déterminante pour réaliser ce mouvement d'unification.

Après l'échec des révolutions qui se sont déroulées en Italie en 1848, le pape soutenu militairement par les armées françaises envoyées par la Seconde République française a rétabli son autorité temporelle sur ses états, refuse une démocratisation du régime politique et est profondément hostile au mouvement d'unification. Il juge que les territoires, qui ont été progressivement regroupés sous l'autorité pontificale depuis le IXe siècle, sont nécessaires pour assurer l'indépendance du gouvernement de l'Église catholique vis à vis d'un éventuel royaume d'Italie et des autres puissances catholiques européennes.

L'empereur Napoléon III, à partir de 1859, a aidé le royaume de Piémont-Sardaigne a réaliser l'unification partielle des terres italiennes. Mais il a besoin que les catholiques français soutiennent son action politique en France, aussi il refuse l'achèvement de l'unification c'est à dire d'accepter que le pape soit dépossédé de la ville de Rome et des territoires qui l'entourent. Des troupes françaises sont donc maintenue à Rome pour protéger le Pape.

En 1864, sans tenir compte de l'opposition du pape, un accord avec le Piémont, devenu entre temps le royaume d'Italie, prévoit que les troupes françaises se retireraient avant la fin de1866, le royaume d'Italie garantissant qu'il ne tenterait pas d'annexer Rome par la force. La tentative des nationalistes italiens menés par Giuseppe Garibaldi de s'emparer de Rome par la force en octobre 1867, contraint Napoléon III a envoyer à Rome un corps expéditionnaire qui bat les garibaldiens à Mentana en novembre et restent à Rome.

Les soldats français seront rappelés en France dès l'été 1870 pour renforcer l'armée française engagée dans la désastreuse guerre franco-allemande. Une fois les Français partis, et l'Autriche catholique ayant refusé d'intervenir malgré la demande du pape, après une résistance symbolique de l'armée pontificale, les troupes italiennes entrent dans Rome le 20 septembre 1870. Battu militairement le pape s'enferme dans les palais du Vatican où il se considère comme prisonnier t excommunie tous ceux qui avaient participé au renversement de son pouvoir temporel. En octobre par plébiscite les Romains votent leur rattachement au Royaume d'Italie à une écrasante majorité (133 000 pour, 1500 non et 32 000 abstentions). Rome devient la capitale du royaume, et le roi Victor-Emmanuel II s'installe dans l'ancien palais pontifical du Quirinal en 1871.

Cependant les relations entre le gouvernement pontifical et le nouveau royaume d'Italie sont très mauvaises. Pie IX et ses successeurs (Léon XIII, Pie X, Benoit XV ) refusent la loi des Garanties offerte par les Italiens en 1871. Ce ne sera qu'en 1929, sous le pontificat de Pie XI que l'Italie alors fasciste fera la paix avec la papauté grâce aux accords du Latran.

Pour en savoir plus, lis l’article : Loi des Garanties.
Pour en savoir plus, lis l’article : Accords du Latran.

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